Journal d’entraînement – 6e – 9e années

Les taux d’obésité chez les jeunes continue à augmenter, et l’impact à long terme sur la société canadienne et le système de santé est difficile à mesurer. Tous les experts en santé s’entendent pour dire qu’il faut que les enfants et les jeunes Canadiens soient plus actifs et « actifs pour la vie ». Que ce soit par le développement d’une passion pour le sport ou de l’amour d’un mode de vie sain et actif, c’est durant les premières années que commencent à se développer les habitudes qu’ils garderont pendant toute la vie.

En tant qu’enseignant ou entraîneur, vous avez une grande influence sur les enfants et les jeunes. Vous pouvez littéralement inciter un élève à s’adonner à l’activité physique pendant toute la vie ou si l’élève passe à travers d’une mauvais experiencele décourager à prendre part à toute activité à l’avenir. Le Comité olympique canadien, par le biais du Programme scolaire olympique canadien, met à votre disposition une ressource pour vous aider à guider et à motiver vos élèves et vos athlètes. Nous espérons que ce programme vous aidera à encourager les jeunes Canadiens à vivre selon l’approche le sport, c’est pour la vie, qui prône de mener une vie active toute la vie durant et pas seulement pendant l’enfance.

Le contenu de cette ressource a été fourni pour des athlètes canadiens et des membres du personnel médical de l’Équipe olympique canadienne. Nous espérons que l’information présentée sera à la fois utile et inspirante tant pour les enseignants que pour les élèves.

Guider les jeunes d’une façon saine

Dr Bob McCormack, Équipe olympique canadienne, médecin

Dre Julia Alleyne, Équipe olympique canadienne, médecin en chef

Vos élèves obéiront à des motivations variées en ce qui a trait au sport et à l’activité physique. Pour certains, votre rôle sera de les encourager à être plus actifs et à vivre une vie moins sédentaire. D’autres seront très motivés, et vous serez peut-être en mesure de les aider à prendre les décisions adéquates par rapport à l’activité physique et à l’entraînement. Ce rôle complexe signifie que vous devrez avoir une bonne compréhension de ce qui est sécuritaire sur le plan médical pour vos élèves.

Lorsqu’un élève devient actif physiquement ou commence à faire de l’exercice, il est normal qu’il ressente un certain inconfort. Comme enseignant, vous avez probablement l’habitude d’entendre toute sorte d’excuses, mais certaines de ces excuses pourraient exprimer des craintes fondées qui ne peuvent simplement pas être dissipées par un simple « tiens bon » en guise de réponse. « Nous devons prêter attention à ce que disent nos élèves, explique la Dre Alleyne. Par exemple, si un enfant dit qu’il ne peut pratiquer une activité parce qu’il est asthmatique, l’école doit encourager ses parents ou tuteurs à l’emmener voir un médecin. Nous ne devons pas tenter de diagnostiquer le problème et nous devons tenir compte de ce que dit l’élève. »

Certains jeunes très motivés peuvent avoir une mauvaise approche de l’activité physique ou de l’entraînement. « La clé pour les jeunes est de développer graduellement leur entraînement, indique le Dr McCormack. En planifiant un exercice ou un programme d’entraînement, j’utilise l’acronyme F.I.T.T. (fréquence, intensité, temps et type). Lorsqu’on change l’un de ces aspects, il faut donner à votre corps le temps de s’ajuster. »

L’exercice durant l’adolescence

Dr Bob McCormack, Équipe olympique canadienne, médecin

Lorsque les élèves atteignent l’âge de la puberté, c’est important d’avoir une approche modérée par rapport à l’entraînement. « La force et l’endurance sont des éléments clés d’un programme général de mise en forme, mais la puberté n’est pas la période idéale pour les pousser à l’extrême, explique le Dr McCormack. La dynamophilie ou le culturisme ne sont pas recommendes pour ce groupe d’âge, tout comme le marathon. Toutefois, l’entraînement musculaire et l’entraînement aérobique font partie intégrante de la bonne condition physique en général. Même les jeux doivent être aérobiques, c’est-à-dire vous faire respirer fort. »

Perte de poids et image corporelle

Dre Julia Alleyne, Équipe olympique canadienne, médecin en chef

Dr Bob McCormack, Équipe olympique canadienne, médecin

Certains élèves peuvent être préoccupés par la perte de poids. D’après la Dre Alleyne, « bien qu’il soit normal de constater des changements au niveau de son poids après des périodes d’entraînement, les élèves doivent savoir que les muscles sont plus lourds que la graisse, et qu’un solide athlète pèse davantage que ses pairs qui sont en moins bonne condition physique. » Votre rôle, en tant qu’enseignant, est de formuler des conseils avisés et de diriger ces élèves vers les ressources requises pour prendre des décisions intelligentes par rapport à l’activité physique.

Lorsqu’une jeune femme active devient extrêmement préoccupée par son poids, elle court un risque réel de développer la triade de l’athlète féminine. Il s’agit de trois problèmes de santé interreliés chez les athlètes féminines : les troubles de l’alimentation, l’aménorrhée et l’ostéoporose. Une jeune femme active peut éliminer certains aliments ou réduire de façon excessive leur apport calorique. Dans des cas extrêmes, l’athlète souffrira d’anorexie ou de boulimie. L’entraînement intense sans un apport suffisant de calories ou de nutriments peut causer une baisse du niveau d’œstrogènes. Cette hormone étant essentielle dans le contrôle du cycle menstruel, les règles peuvent devenir irrégulières ou s’arrêter. Bien que les règles soient souvent peu fréquentes pendant les premières années de la puberté, elles jouent un rôle important dans le développement sain.

« Il est important que les jeunes athlètes féminines aient régulièrement leurs règles pour assurer la bonne santé de leurs os, explique le Dr McCormack. La masse osseuse atteint son pic entre 20 et 24 ans et décline ensuite. Si les athlètes ne prennent pas suffisamment de calcium ou d’autres nutriments durant leur adolescence, cela affectera non seulement leur performance sportive, mais pourrait aussi causer des problèmes de santé à long terme comme l’ostéoporose. »

Les entraîneurs, les officiels et les enseignants doivent savoir que leurs commentaires peuvent occasionner la triade de l’athlète féminine chez les athlètes qui y sont prédisposées. « Dans le sport, particulièrement les disciplines esthétiques comme la gymnastique ou le patinage artistique, un commentaire selon lequel une athlète ne pourrait réussir en raison de son type corporel peut déclencher des désordres alimentaires et mener à la triade de l’athlète féminine, de dire le Dr McCormack.

Prévention des blessures

Marc Rizzardo, Équipe olympique canadienne, thérapeute en chef 

Étant donné que nous voulons encourager les élèves à être actifs pendant toute leur vie, il est important de leur inculquer les habitudes qui leur éviteront de se blesser dans la pratique du sport ou de l’activité physique. « Je rencontre beaucoup de jeunes victimes de blessures causées par le sport, dans la plupart des cas, elles sont dues à un manque de souplesse des muscles ischio-jambiers et des mollets. » comment Rizzardo. La  solution est de montrer aux jeunes comment s’étirer et s’échauffer en vue de prévenir les blessures et être prêts à passer à l’action à leur arrivée à l’entraînement ou à une compétition. « Les entraîneurs et les enseignants ne consacrent pas suffisamment de temps aux étirements et à l’échauffement parce que leur temps d’utilisation des installations sportives est limité. Ils veulent sauter l’échauffement et passer tout de suite à la séance d’entraînement. » Toutefois, cela peut entraîner des blessures et de mauvais résultats. Un échauffement adéquat devrait commencer par jogging léger ou un autre exercice aérobique qui augmentera le flux sanguin vers les muscles. On devrait éviter l’étirement statique et mettre l’accent sur l’étirement dynamique. Un échauffement de 12 à 15 minutes devrait permettre de renforcer et d’étirer tout le corps. Consultez le http://www.youtube.com/watch?v=E7ghNKOH9To pour quelques exemples d’étirement dynamique. Des exemples d’échauffement propre à certains sports sont affichés sur YouTube, comme celui-ci pour le basketball (http://www.youtube.com/watch?v=Z5voGAKghnM&feature=related ). Un des meilleurs échauffements généraux est le programme FIFA 11+ développé pour le soccer (http://www.f-marc.com/11plus/exercises/).

Psychologie du sport

Dre Kimberly Amirault-Ryan, Équipe olympique canadienne, responsable de la performance mentale

En tant qu’enseignant, vous avez une grande influence sur la vie de vos élèves. « Un enfant croit en ses capacités s’il sent que ceux qui jouent un rôle important auprès de lui croient également en lui, explique la Dre Amirault-Ryan. L’encadrement éclairé des adultes permet aux enfants de forger leur caractère et de développer leur leadership, leur esprit sportif et leur estime de soi. »

La manière dont vous interagissez avec les élèves au sujet de la pratique de l’activité physique ou de leur participation aux sports affectera leur motivation. Cette interaction contribuera également à ce qu’ils se sentent habilités à profiter de l’activité physique ou du sport. Aidez vos élèves à trouver des activités qu’ils trouveront amusantes et qui leur donneront l’occasion de remporter du succès. Mettez l’accent sur le développement des habiletés et l’apprentissage plutôt que sur les victoires ou les défaites. « Au lieu de leur demander s’ils ont gagné un match, demandez-leur ce qui s’est bien passé et ce qu’ils pourraient améliorer la prochaine fois, suggère la Dre Amirault-Ryan ».

Le plus haut taux d’abandon de la pratique sportive se situe entre 12 et 17 ans (les plus hauts taux se retrouvent chez les jeunes femmes). Selon la Dre Amirault-Ryan, il y a plusieurs raisons pour lesquelles les adolescents abandonnent le sport au cours de cette période. « Le sport cesse d’être amusant. Ils ressentent trop de pression et un sentiment d’échec. »   En tant qu’enseignant ou en tant qu’entraîneur, vous pouvez aider à empêcher cela en mettant l’accent sur l’amélioration personnelle de l’élève et la philosophie de l’équipe. Encouragez les élèves à trouver un sport ou une activité qu’ils aiment vraiment. Les adolescents qui continuent la pratique du sport ont découvert comment s’amuser et trouver de la satisfaction dans la pratique du sport. Ils apprennent constamment et se concentrent sur le processus et sur leur plaisir, ainsi que sur l’amélioration de l’équipe.

Utiliser le Journal d’entraînement du Programme scolaire olympique canadien

La plupart de vos élèves ne « s’entraîneront » pas pour quelque chose en particulier. Toutefois, ils ont peut-être des objectifs par rapport à un sport ou à la bonne condition physique. Encouragez-les à être réguliers et méthodiques en ce qui a trait à l’activité physique ou à l’entraînement sur une période de 8 semaines. Utilisez le Journal d’entraînement comme un outil de motivation pour ceux qui ne sont pas actifs et qui ont besoin d’encouragement pour se lever du canapé et s’éloigner des écrans, y compris les jeux sur ordinateur et les outils d’accès aux médias sociaux.

Présentez le Journal d’entraînement en encourageant un remue-méninge sur certains objectifs relatifs au sport ou à la bonne forme physique qui peuvent être atteints en 8 semaines. Cela peut suivre un test de conditionnement physique ou précéder une séance d’entraînement physique ou d’entraînement musculaire. Encouragez les élèves à établir des objectifs réalistes (S.M.A.R.T.). Vous pouvez remettre le Journal d’entraînement aux élèves pour qu’ils complètent le livret tout entier ou une page par semaine pendant 8 semaines.

Alors que cette ressource s’adresse aux élèves de la 7e à la 12e année, elle peut également être utilisée par des élèves plus jeunes. Toutefois, plusieurs des articles ne trouveront pas écho auprès des jeunes élèves. De plus, le modèle du Développement à long terme de l’athlète conçu par le mouvement « Au Canada, le sport c’est pour la vie » décourage l’entraînement structuré pour les jeunes enfants. L’accent, pour les jeunes enfants, doit être mis sur le plaisir et le fait de connaître le succès par le biais des habiletés d’apprentissage. Pour des activités amusantes et des défis sportifs pour vos jeunes élèves, consultez la Journée des sports d’été du Programme scolaire olympique canadien affiché au www.olympic.ca/education.

Utiliser le Journal d’entraînement du Programme scolaire olympique canadien

Tous les Olympiens utilisent un journal d’entraînement pour inscrire leur entraînement et noter leur amélioration. C’est un outil essentiel qui les aidera à établir des objectifs hebdomadaires et à suivre leur progrès. Le Journal d’entraînement du Programme scolaire olympique canadien vous permettra de suivre votre entraînement par rapport à vos objectifs sportifs ou à vos objectifs de conditionnement physique au cours des 8 prochaines semaines. Voici quelques instructions simples pour vous aider à tirer le maximum de votre journal.

Les quatre types d’entraînement clé

Un programme de conditionnement physique équilibré comprend quatre types d’entraînement clé :

  • Entraînement en endurance : L’endurance est la capacité à demeurer actif physiquement pendant une longue période. Vous pouvez y parvenir avec l’entraînement aérobique, mais en faisant un effort moindre que votre effort maximum pendant une période relativement longue. Des exemples d’entraînement en endurance sont la natation, la course, le cyclisme, la randonnée pédestre, la marche rapide, le simulateur d’escalier, etc. qui font battre votre cœur et vous font transpirer.
  • Entraînement musculaire : Ce type d’entraînement utilise la résistance pour renforcer vos muscles. Il inclut l’utilisation de la gravité ou de l’élastique, ou encore l’entraînement dans l’eau. Des exemples spécifiques incluent des exercices avec des poids, le sprint en pente, des pompes, l’escalade de rocher, des exercices utilisant les bandes élastiques, le Pilates ou des exercices de résistance en piscine.
  • L’entraînement de la souplesse : L’augmentation de votre amplitude de mouvements peut contribuer à améliorer votre santé générale, vous aider à prévenir les blessures et vous permettre d’améliorer votre performance sportive. Exemples : étirement statique et étirement dynamique, yoga.
  • L’entraînement de l’agilité : L’agilité est la capacité à changer la position du corps de façon efficace et requiert un mélange d’équilibre, de coordination, de réflexes et de vitesse. C’est un élément important du succès dans des sports qui utilisent des balles, des rondelles, des haies, des skis, des patins ou des planches et qui requièrent des mouvements complexes comme le plongeon et la gymnastique. L’entraînement inclut des jeux, des exercices intensifs, des exercices qui font appel à l’équilibre, la randonnée/le cyclisme, le patinage ou le surf des neiges, les cours de danse, etc.

Lorsque vous planifiez votre entraînement, vous devez inclure des exercices d’amélioration de l’endurance, de la force, de la souplesse ou de l’agilité à votre programme chaque semaine. Un programme d’activité physique qui ne se concentre que sur un ou deux de ces éléments clés est incomplet. Le journal vous aidera à intégrer ces éléments dans votre programme.

Enregistrez votre entraînement : Si vous dites que « vous avez eu un bon entraînement », cela ne voudrait rien dire sans des détails comme le volume, l’intensité et le type d’exercice lorsque vous mesurez l’impact.

  • Volume : Représente la quantité de travail que vous faites. Il peut être mesuré en temps consacré à l’activité, à la distance couverte, au poids soulevé, etc.
  • Intensité : Représente le niveau de votre effort par rapport à votre effort maximum. Par exemple, si vous avez couru 2 kilomètres, cela ne donnera pas plus de détails. Avez-vous fait du jogging avec votre petit frère ou votre petite sœur ou avez-vous couru à votre maximum d’intensité? La plupart des athlètes notent leur effort en utilisant une échelle. Vous pouvez utiliser une échelle numérotée allant de 1 (très facile) à 10 (maximum d’effort).
  • Type d’activité physique (à la fois l’activité et l’un des quatre types d’entraînement clé) : Reflète la variété et les différents types d’activité qu’englobe un programme d’entraînement équilibré et qui vous encouragent à mélanger plusieurs activités. Essayez de nouvelles activités ou différentes activités qui visent le même objectif. Vous pouvez un jour choisir de courir, de nager ou de faire du vélo. Ajoutez une partie de hockey de rue ou des cours d’aérobie à ce programme.
  • Fréquence de l’entraînement : Vous permet d’inscrire le nombre de fois où vous faites une activité physique de même type, de même volume ou de même intensité. Il est important de varier ces facteurs. Si vous vous entraînez à une intensité de 8 à 10 chaque jour, vous pourriez tomber malade ou vous blesser. Votre corps a besoin de repos pour récupérer. Dans le même ordre d’idée, si vous faites le même entraînement chaque jour, vous vous ennuieriez et vous ne constaterez pas d’amélioration.

Prenez le temps de décrire votre entraînement. Notez ce que vous avez fait, comment vous vous êtes sentis, les leçons apprises ou encore comment vous progressez par rapport à votre objectif. La colonne « description » est l’une des parties les plus importantes de votre journal.

Si tout ne se passe pas comme prévu

Parfois, vous raterez quelques jours d’entraînement, et vous serez découragé de devoir laisser des espaces en blanc. Cependant, cela fait également partie du journal, car vous saurez pourquoi vous avez perdu la motivation ou encore le type d’entraînement que vous avez suivi lorsque vous avez subi une blessure ou que vous êtes tombé malade. Les Olympiens utiliseront leur journal d’entraînement pour découvrir leurs faiblesses et planifier avec leurs entraîneurs comment ils peuvent transformer ces faiblesses en succès ou en force. Imposez-vous comme discipline d’écrire dans votre journal tous les jours, même si vous n’êtes pas physiquement actif.

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