Une véritable armée de personnes est nécessaire pour opérer avec succès des Jeux olympiques d’hiver. Avec des centaines de milliers de spectateurs et des milliers d’athlètes, d’entraîneurs et de membres des médias venant aux Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver, il est apparu très tôt que la majorité de la main-d’oeuvre requise devrait être bénévole.
« Les Jeux olympiques ne pourraient avoir lieu sans les bénévoles », insiste Donna Wilson, vice-présidente de direction, responsable des ressources humaines au comité d’organisation des Jeux olympiques à Vancouver (COVAN). « Les bénévoles font fonctionner l’événement. Il était absolument impensable pour le COVAN de pouvoir se payer une main-d’oeuvre totalement rémunérée. »
De fait, le COVAN avait plus de 22 000 bénévoles qui ont aidé au déroulement des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver. Mais être bénévole ne voulait pas simplement dire être prêt à aider. Le choix des bénévoles s’est fait selon un processus rigoureux, et la majorité de ceux qui ont présenté leur candidature ne satisfaisait pas aux critères exigés. Plus de 80 000 personnes, venant des quatre coins du globe, ont soumis leur candidature pour être bénévoles aux Jeux et, avant d’être choisi, il était nécessaire de se soumettre à une entrevue et de suivre une séance d’orientation.
« Nos valeurs étaient les suivantes : travail d’équipe, confiance, créativité, durabilité et excellence. Nous voulions nous assurer que les bénévoles partageaient ces valeurs, ajoute Wilson. Très tôt, nous avons pris la décision de donner aux bénévoles l’autorité de gérer et de prendre des décisions. Il était dès lors nécessaire de s’assurer que chaque bénévole occupait le bon poste. »
Ce ne sont pas tous les comités d’organisation olympiques qui confèrent aux bénévoles un tel degré de responsabilité. Cependant, le Canada a connu beaucoup de succès avec cette formule lors d’expériences antérieures d’organisation aux Jeux olympiques, aux Jeux panaméricains et à d’autres événements sportifs internationaux.
« Nous attirions d’excellents candidats dans tous les secteurs », affirme Allan Vansen, viceprésident, responsable de la main-d’oeuvre. « Ceci découlait de la vision que nous avions énoncée et du fait que nous recherchions des personnes dotées de passion et prêtes à s’engager. La majorité des postes ne demandaient pas de connaissances ou d’habiletés spécifiques, mais simplement des gens sérieux. Nous avons attiré des personnes envers lesquelles nous pouvions avoir confiance. »
Les bénévoles ont reçu plusieurs heures d’entraînement pré-événement. Tous ont reçu quatre heures et demie d’orientation générale qui donnaient un aperçu du Mouvement olympique et des valeurs du COVAN. Par la suite, ils recevaient cinq heures additionnelles d’entraînement sur l’excellence du service à la clientèle. Ceux qui occupaient des postes de superviseurs étaient également tenus de suivre un module spécifique sur le leadership.
« Nous voulions nous assurer que tous les bénévoles savaient que leur priorité était d’aider nos clients, dit Wilson. Je pense que c’est une des raisons pour laquelle les “tuniques bleues” (le nom donné aux bénévoles à cause de leur uniforme bleu) avaient la réputation d’être très serviables. »
Certains postes exigeaient soit une formation spécifique en langue, des habiletés de diplomate ou d’autres aptitudes particulières et ceci pouvait demander plus de 100 heures de formation. Plusieurs bénévoles ont soit pris des vacances ou un congé sans solde avec l’accord de leur employeur. Les exigences étaient élevées, puisque les bénévoles devaient s’engager à travailler à temps plein pour toute la durée des Jeux.
« Certains bénévoles devaient être transportés par autobus chaque matin jusqu’à Whistler. Ils devaient se lever à 3 h du matin afin de prendre l’autobus pour le voyage de deux heures jusqu’à leur site de travail, ajoute Wilson. Ils avaient plus de valeur pour nous que du personnel rémunéré puisqu’ils n’avaient pas à être là. Ils le faisaient parce qu’ils voulaient nous aider à la réussite des Jeux. »
Le COVAN a multiplié les efforts pour bien traiter ces bénévoles. Ils ont reçu des épinglettes commémoratives spéciales, un petit déjeuner gratuit chaque matin, des vidéos et des collations pour l’autobus. Comme tous les bénévoles, ils ont reçu un uniforme de travail et étaient admissibles à des mesures de reconnaissance spéciales comme des billets pour les répétitions des cérémonies d’ouverture et pour les autres cérémonies de célébration.
Plus que tout, les bénévoles ont eu l’occasion d’apprendre des habiletés techniques et des habiletés interpersonnelles, réseauter avec les autres bénévoles et créer des amitiés durables. Un des avantages les plus bénéfiques pour les bénévoles est l’occasion de développer des habiletés que normalement ils n’apprendraient pas. Pour ceux qui cherchent à faire avancer leur carrière professionnelle, ces habiletés peuvent être mises en évidence sur leur C.V.
Ce ne sont pas tous les bénévoles qui ont fait l’affaire du COVAN. Vansen se rappelle que certains bénévoles ont dû être renvoyés parce qu’ils n’arrivaient pas à travailler avec leur superviseur ou avec les autres bénévoles.
« Certains étaient contrariés par les contrôles de sécurité à répétition et se défoulaient sur les autres. »
Être un bon bénévole voulait dire être capable de s’adapter aux exigences parfois stressantes des Jeux. Toutefois, il y a eu très peu de problèmes avec les bénévoles. La majorité souhaitait vraiment aider à la réussite des Jeux d’hiver et était transportée par la magie de l’expérience. Ils ont conservé une attitude et une conduite positives envers le public et avec leur équipe. En fait, les “tuniques bleues” du COVAN ont été appréciées par les visiteurs domestiques et internationaux pour leur comportement amical et accueillant.
« J’ai visité plusieurs sites durant les Jeux, et les applaudissements les plus nourris des spectateurs étaient ceux faits lorsque les annonceurs maison demandaient à la foule de remercier les bénévoles. C’était quelque chose à entendre », se souvient Vansen.
Cependant, les derniers remerciements ont été faits à la toute fin des Jeux. Dans son discours final, Jacques Rogge, président du Comité international olympique, a fait part d’un message spécial de reconnaissance.
« Merci aux milliers de merveilleux bénévoles. Vos compétences, votre amabilité et vos sourires sont dignes d’une médaille d’or! »
Véritablement, c’est cette armée de bénévoles qui a fait l’extraordinaire réussite des Jeux olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver.
Questions
- Expliquez pourquoi vous pensez que le COVAN a mis plus d’importance sur la valeur des bénévoles plutôt que sur les habiletés des candidats.
- Visitez le site du Comité d’organisation des Jeux olympiques de Londres (www.London2012.com) et trouvez un poste de bénévole qui vous intéresse. Rédigez une lettre de présentation pour ce poste.
- Énumérez cinq choses que vous pouvez faire pour maximiser les avantages d’être bénévole.
Activités d’enrichissement
Examinez la possibilité d’approfondir l’étude de cas en ajoutant une composante recherche.
- Faites une recherche sur les pratiques exemplaires pour le recrutement de bénévoles. Rédigez un plan de recrutement de deux pages pour les Jeux panaméricains et parapanaméricains de 2015 à Toronto.
- Comparez le nombre de bénévoles de Vancouver 2010 à celui des quatre derniers Jeux olympiques et Jeux olympiques d’hiver. Comparez ce nombre avec celui de la toute récente Coupe du monde de la FIFA. Expliquez les différences.
Développez les habiletés d’écriture en demandant aux élèves de rédiger un paragraphe qui appuie ou infirme les énoncés suivants:
- Agir comme bénévole peut aider davantage à démarrer votre carrière qu’un emploi rémunéré.
- Avec l’objectif de faire progresser votre carrière, le bénévolat ne sera utile que dans la mesure de vos efforts.
Projects
Les projets suivants sont plus longs, mais ils permettront à vos élèves d’examiner le sujet plus en profondeur.
- Vous avez été embauché par les Jeux panaméricains de 2015 à Toronto pour rédiger un dépliant pour le recrutement de bénévoles. Produisez un dépliant qui met l’accent sur les avantages du bénévolat, tout en exposant le type de bénévoles recherchés par les Jeux.
- Rédigez un guide du bénévole de trois pages pour les Jeux panaméricains et parapanaméricains de 2015 à Toronto. Assurez-vous d’expliquer les attentes envers les bénévoles et de faire ressortir ce qu’ils doivent faire pour tirer le maximum de leur expérience en tant que bénévoles.